Just few days in NCL

Publié le par Carlinow

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Vacances de la Toussaint. Enfin. J'en avais marre. Les cours, les partiels, et les crises de nerfs à répétition...  Je savais aussi que le dimanche, ma mère viendrait me voir à Vesoul, m'apporterait une table et des chaises (enfin!). Je savais aussi et surtout que le mardi, à neuf heures du matin, je serais dans le train qui m'amènerait à Paris, d'où je prendrais l'avion : direction Newcastle.

J'attends une heure à l'aéroport avant de prendre l'avion. Départ prévu vers 19h, il fait nuit, le soleil vient de se coucher sur le tarmac de Charles de Gaulle. Quand l'avion décolle enfin, je m'endors, iPod sur les oreilles. Je me réveille 1h45 plus tard, l'avion amorce son atterissage. Il est 19h45 heure locale. Sortir de l'avion, présenter mon passeport, récupérer mon sac. Voilà tout ce qu'il me reste à faire avant de la retrouver. Enfin. Après six semaines semées d'embuches, six semaines pendant lesquelles le doute s'est installé. Ce séjour sera déterminant : ça passe ou ça casse.
Quand je la vois qui m'attend dans l'aéroport, l'effet est immédiat. Elle porte une longue écharpe noire sur laquelle tombent ses cheveux blonds : je suis bel et bien amoureux, comme au premier jour, et je la sers fort à lui en écraser les omoplates. De grands sourires, des bisous, mais pas tellement de mots. Ca ne sert à rien, je ne fais que contempler le moment présent. Enfin...!

Vis ma vie d'étudiant Erasmus

Sur le chemin qui nous amène au métro, elle m'explique plus ou moins le programme : je vais vivre pendant trois jours à la sauce anglaise. Je vais rencontrer ses colloc' et ses amis, je vais aller en cours avec elle, je vais découvrir la ville... Sans dire que je suis réticent, je suis un peu timide par avance, je ne sais pas comment ça va se passer. Mais c'est tout le temps comme ça. Je suis toujours comme ça avant d'être enchanté par la situation.
Nous nous arrêtons à Jesmond, et marchons quelques minutes avant d'arriver sur Jesmond Road, la rue typiquement anglaise où elle habite. Elle me présente sa chambre, petite mais très cosy, où je pose mes affaires, puis nous allons à la cuisine, où nous mangeons un petit quelque chose. Je suis affamé, je n'ai rien mangé de la journée.

Le lendemain, premier réveil à ses côtés depuis six semaines. A ses côtés ou presque. Ce n'est qu'un lit une place, j'ai dormi sur un matelas par terre, mais qu'est-ce que j'ai bien dormi! C'est fou ce que je peux dormir paisiblement quand elle est là, c'est peut-être psychologique, mais ça ne loupe pas. Le réveil est difficile.
Ce matin, je vais en cours avec elle. Un cours sur le tourisme, un cours assez concret et intéressant par rapport à mes cours de logistique plein de chiffres, de lettres qui ne veulent pas dire grand chose, ou bien pire, des cours de communication, dont l'intérêt m'échappe. Bref... J'essaie de comprendre ce qui se dit, mais l'accent et la fatigue rendent la tache difficile. Après les 55 minutes de cours, je l'accompagne à l'Union Society, l'équivalent d'un BDE, sauf que les locaux sont énormes, avec des cafet', des bars, des salles pour faire la fete... Des locaux proportionnels au campus, qui ressemble plus à une mini-ville qu'à une université. Je l'accompagne, donc, réviser un cours qu'elle a l'après-midi, avec des amis espagnols. Le tout devant un sandwich. C'est fou ce qu'etre à l'étranger peut donner faim.
Pendant son cours, j'en profite pour aller découvrir un peu le centre ville. Je commence par
Northumberland Street
, la grande rue piétonne et commerçante. Puis je descends vers Monument, et je descends encore. C'est ainsi que j'arrive sur Quayside. J'admire la vue, j'ai le vertige en regardant le pont au-dessus de moi, je prends des photos. L'heure tourne, et il faut que je retourne à l'Union Society, où elle m'a donné rendez-vous. C'est Halloween, aujourd'hui, et nous devons nous trouver des costumes.
Nous redescendons donc sur Northumberland Street, où nous faisons une pause cookies (délicieux!!) de chez Mark & Spencer. Il est bientôt 16h, le soleil se couche, et nous n'avons toujours rien trouvé pour nous déguiser. Nous continuons notre balade, nous passons par les halles. Ca sent la bouffe, la friture. C'est dingue ce qu'ils peuvent bouffer comme fast-food et compagnie! Ceci dit ça donne faim...!
On arrive finalement devant Magic Box, un magasin de déguisement, et il a l'air pas mal. Comment on le sait? Simple : il y a une queue de quinze mètres qui attend dehors! Pas trop motivé au début, on finit par faire la queue nous aussi. On se dit qu'on trouvera bien quelque chose pour nous! En effet, nous trouvons quelques accessoires marrants, ou tout du moins de quoi ne pas être les seuls à ne pas être déguisés ce soir!! Sur le chemin du retour, on trouve un portable par terre. En plein milieu de la rue. Sacré coup de chance. Nous envoyons un message pour avertir que nous avons trouvé le portable, et nous rentrons.
Il n'est pas encore 18h et il fait déjà nuit. Une fois de retour à Jesmond Road, nous nous posons un moment. Un téléphone sonne, ce n'est ni le mien ni le sien. En fait c'est le portable qu'on a trouvé, c'est elle qui décroche. La scène est... marrante. Son anglais n'est pas mauvais, pas du tout même, mais la prononciation est plutôt marrante! Et non, je ne me moque pas, mais quand meme... ahahaa!!
Trève de plaisanterie. Après avoir mangé les pates du collocataire polonais, nous sortons d'abord rendre le portable. Nous avons rendez-vous à l'Union Society, et c'est une petite vieille que nous rencontrons. Elle nous tend une enveloppe, nous refusons, elle insiste... 10 livres. Voilà qui paiera la soirée.
La soirée. Nous rentrons rapidement pour nous préparer pour Halloween. Pour elle, ce sera la Sorcière Sexy. Pour moi c'est le Fantôme de l'Opéra. Sauf qu'il a une faux, un bonnet à visière, et une paire de menottes! J'aime l'originalité...! Une fois prêts, direction l'Union Society.
J'y découvre de nouvelles personnes (dont j'avais déjà entendu parler pour la plupart), j'y découvre les fêtes étudiantes façon Newcastle, j'y bois aussi beaucoup de pintes, et au bout de la troisième ou quatrième, l'effet est imédiat : envie de pisser et beaucoup moins timide pour ce qui est de parler aux gens. On finit donc par parler avec un Chinois un peu pété et un Saoudien très collant!! Nous partons vers... en fait je ne sais pas du tout quelle heure il était. Je me souviens qu'on est tous partis au Venue, une boite dans le centre où il y a une soirée espagnole tous les mercredis. Mais la fatigue et le froid se pointent tandis que l'alcool redescend, je ne suis plus trop chaud. Je m'excuse auprès d'elle, ça m'ennuie vraiment de planter la soirée. Et bien qu'elle m'ait dit qu'elle, cela ne la dérangeait pas car elle pourrait en faire encore beaucoup, des soirées au Venue, je me sens encore un peu coupable aujourd'hui. Nous partons quand même, et après s'être arrêté pour pisser dans une ruelle, on repart vers Jesmond Road. Prochaine étape : dodo.

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Jeudi. Le réveil se fait un peu plus difficilement encore que la veille. Objectif du jour : aller en cours (un cours sur la vie des femmes en Inde, ou quelque chose du genre) puis trouver quelque chose à faire pour le repas du soir. Chaque soir, un colloc' différent fait la cuisine. Ce soir, c'est à son tour, et je lui viens en aide, bien évidemment. Vers 16h, nous sortons faire quelques courses, nous en profitons pour nous balader un peu. Elle me fait découvrir le Co-Op, le magasin où elle va faire ses courses de temps en temps. Une sorte de Carrefour, où on peut même trouver de la Cuisine de France, quelques viennoiseries... Et des tas de choses bizarres. Comme les sauces pour pâtes en sachet, ou bien la purée en bloc congelé. Originaux, ces Anglais...
Ce soir-là, c'est donc salade, purée, nuggets, et cookies en dessert. Miam. Une fois le repas fini, nous décidons d'aller nous balader un peu, histoire de digérer, et de profiter de Newcastle by night. Nous regardons quand même un épisode de Grey's Anatomy, avant. Nous nous préparons ensuite, puis nous partons. En sortant nous faisons un petit coucou aux lapins qui squattent le carré de pelouse, près de la bilbliothèque de l'université, ouverte sept jours sur sept, jusque tard le soir. C'est dingue quand même, des lapins en centre ville. Nous nous baladons de nuit, et je prends des photos. C'est beau, une ville, de nuit. Nous descendons sur Quayside, de nuit. Encore plus beau que de jour. Le Millenium Bridge est illuminé et change de couleur.
Nous allons nous poser sur le pont, histoire d'admirer la vue, de faire des tonnes de photos, et de profiter de notre temps ensemble. Nous restons un bon moment sur ce pont. Je la flashe dans tous les sens, j'adore sa tenue trash sexy so british. Nous retournons finalement à Jesmond, main dans la main, contents d'être ensemble, avant de nous coucher.

Vendredi et dernier jour complet à Newcastle. Elle travaille tôt, mais je ne l'accompagne pas cette fois. Je me réveille, difficilement, puis je me lève et me motive pour bosser aussi de mon côté : j'ai un exposé très important à faire pour la rentrée, c'est-à-dire dans quatre jours, et je n'ai encore rien fait. Quand elle revient, vers 11h et quelques, je n'ai pas fait grand chose, mais nous nous préparons pour partir. Elle se fait belle, comme toujours, meme quand elle n'en a pas l'intention. Puis nous partons. Nous décidons d'aller manger au restaurant asiatique, un buffet qu'on a repéré dans le quartier chinois, une simple rue, en fait. Nous nous perdons, sans trop savoir comment, et passons finalement devant St James Park, le stade du Newcastle United Football Club. Nous finissons par retrouver notre rue asiatique et notre buffet chinois. Une fois dedans, okay, c'est vrai, ça fait un peu cantine. Pas vraiment intime, c'est sur. Mais nous mangeons à notre faim.
La suite de notre journée se passe au bord de la mer. Voir la mer pendant les vacances de Toussaint, je trouve ça génial. C'est un peu la galère, pour pouvoir prendre le métro. Nous n'avons que des billets, et les distributeurs de tickets n'acceptent que les pièces. Et bien sûr, pas moyen de faire de la monnaie. Nous arrivons tout de même à prendre le métro à Monument. Une petite demie heure plus tard, nous voilà arrivés à Tynemouth. Encore quelques minutes de marche, et enfin la mer et un ciel magnifique! Nous montons sur la falaise où se dresse un vieux chateau. La vue est à couper le souffle et nous prenons de nouveau quelques photos. Ce que c'est bon, les vacances! On profite, rien ne nous retiens, on est complètement libres de faire ce qu'on veut. Nous descendons ensuite sur la plage. Des surfeurs sont dans l'eau, courageux, des chiens se baladent (le peu de chiens que j'ai pu voir à Newcastle...) avec leurs maîtres, il n'y a personne, on peut se poser calmement tandis que le soleil se couche doucement derrière nous : il est 15h30. Nous décidons de rentrer, et en retournant au métro, nous nous arrêtons dans un magasin de petits accessoires design. Nous craquons, mais n'osons pas regarder les prix. En livres, surtout. Ou bien en pounds, comme elle dirait... Nous rentrons finalement à Jesmond.
Ce soir, il y a une fête chez un de ses amis, qui habite en collocation dans une maison, à dix minutes de métro. Nous nous préparons, comme toujours, puis nous allons au point de rendez-vous : station Monument. La soirée se déroule de la façon la plus parfaite qu'il soit. Les gens arrivent au fur et à mesure tandis que la bière descend doucement dans mon estomac et dans mon sang. L'alcool aidant, je parle avec quelques personnes, des Français, mais aussi des Polonaises ou des Espagnols. J'adore cet état d'esprit, cette ouverture sur le monde, sur les gens, sur l'international... J'adore parler anglais, je ne veux pas m'arrêter. Je voudrais rester ici. Nous devons rentrer avec le dernier métro. Mais j'avoue, je fais un peu de forcing pour que nous restions encore. C'est donc décidé, nous prendrons un taxi à quatre, plus tard. En attendant, la soirée se poursuit, l'alcool continue de couler, tandis que certaines personnes, dont je tairais le nom, apprendront à leur dépend que les mélanges d'alcools ne font pas bon ménage! Vers deux heures du matin, le taxi BlueLine arrive, et nous partons. Je dis au revoir aux gens, je dis à bientôt car je veux déjà revenir en février, j'en verrais même certains, peut-être, au Nouvel An. Nous rentrons en taxi, et je suis content, je voulais rouler à l'anglaise au moins une fois dans ma vie. Voilà. C'est chose faite. Et maintenant, au lit.

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Samedi. Jour du départ. Le réveil est difficile, il est titubant et alcoolisé. Il est d'autant plus dur que je dois partir, mon avion décolle dans deux heures et quelques. Horrible. Je ne veux pas y penser mais je n'ai pas trop le choix. Je finis mon sac, rapidement, et nous mangeons deux énormes cookies Mark & Spencer en allant au métro. Elle m'accompagne. Elle m'a demandé si je le voulais, j'ai répondu que oui, bien sûr. Je ne veux pas perdre une seule seconde que l'on pourrait passer ensemble. Nous attendons un moment à l'aéroport, à comater. Les lendemains de cuite son difficiles. Le moment fatidique arrive, il faut que je parte. Je n'ai pas le choix, mais si je l'avais, je serais encore en train de dormir, par terre, sur ce matelas si confortable. J'ai la gorge nouée. Elle me dit qu'elle ne va pas pleurer avec une voix qui tremble et j'ai le coeur qui se serre. Nous nous empêchons de pleurer, mais j'avoue, mes yeux s'humidifient quand j'arrive à la porte d'embarquement.
Je décolle vers 10h. Quand l'avion accélère, j'aimerais qu'il y ait un problème. Rien de grave, bien sûr, mais quelque chose qui nous clouerait sur le sol britannique encore un moment. Helas, rien ne se produit et l'avion accélère. Je vois Newcastle pour une dernière fois, d'en haut. Jusqu'à la prochaine fois, en tout cas. Puis je m'endors, presque immédiatement, iPod toujours collé aux oreilles. Lorsque je me réveille, nous sommes au-dessus de la Manche. Puis nous survolons une couche de nuages épais, que nous ne traversons qu'au moment où il faut atterir à Paris. Temps de merde. Déprimant.
Plus déprimant encore, j'attends de longues heures à Gare de l'Est, j'attends mon train. Pour passer le temps, je lis le livre qu'elle m'a passé. Les enfants de la liberté, par Marc Levy. Une histoire passionnante sur la Résistance. Oui il faut résister. Résister à l'envie de gueuler un "vos gueules bordel" sur la famille de beaufs qui gueule dans mes oreilles, juste à côté, et résister à l'envie de me barrer et de faire le chemin dans le sens inverse, retourner à Newcastle. Le train finit par arriver, vers 16h40 et à 20h et quelques j'arrive chez moi. Mon appart est froid, le chauffage marche une fois sur deux. Je me pose dans le lit, déprimé... Ca va être dur de retourner à la vie quotidienne et chiante de Vesoul.

En effet ça a été chiant. Mais Noel arrive bientot, février aussi, l'année prochaine également. Il ne reste plus qu'à attendre sagement.

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Publié dans Still in my bed

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Commenter cet article
S
Ah quel bel article, j'ai lu avec attention ton séjour a NewCastle comme si j'y étais! en plus les photos sont superbes..vraiment! dur dur de se séparer tous les deux (j'avais limite les larmes aux yeux!), mais c'est pour mieux vous retrouver...
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S
aaah! que de beaux moments, ça fait plaisir de voir des photos récentes de vous! d'ailleur il me semble que tu as minci (le volley sans doute!)et au fait, c'était de vrai polonais? nan parce que moi...au plaisir de te voir, à Lyon!
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C
hiiii! bah écoute j'sais pas si c'est le volley, mais c'est sur que quand t'as la flemme de faire la bouffe (et que t'as pas de tune pour que ton frigo soit toujours plein) tu perds forcément! XD et oui c'étaient de vraies polonais et polonaises! a plus in lyon city!